À propos

Julie Mansour, artiste peintre dans le canton de Vaud, Suisse
J’ai toujours aimé peindre. Pourtant, il m’a fallu longtemps pour accepter que la peinture puisse devenir une véritable part de mon identité, et plus encore pour me reconnaître dans le mot artiste.
Je ressens souvent les choses avant de pouvoir les nommer.
Des émotions, des atmosphères, des impressions, des moments, que j’aurais l’impression d’enfermer en cherchant à les nommer. Peindre est devenu une manière de leur donner une forme sans avoir à les traduire en mots.
Sur la toile, je peux m’approcher au plus près de ce qui existe dans mon monde intérieur : non pas en l’expliquant, mais en tentant de faire ressentir quelque chose de cette expérience à celui ou celle qui la regarde.
Une peinture qui refuse les cases
Lorsque j’ai découvert l’acrylique fluide, la connexion a été immédiate.
J’ai d’abord utilisé cette technique comme un espace d’expression très personnel, presque thérapeutique. Puis j’ai découvert que ce qui naissait sur mes toiles résonnait chez d’autres. C’est ce qui m’a progressivement amenée à partager mon travail, puis à créer des œuvres sur mesure.
L’acrylique fluide me correspond profondément: elle s’adapte sans jamais pour autant se laisser véritablement contrôler.
La peinture circule, glisse, se rencontre, se sépare, crée des couches, des textures, des cellules et des accidents.
On peut lui donner une direction, préparer une palette, suggérer un mouvement ou l’associer à une forme plus définie. Mais vouloir lui imposer trop précisément ce qu’elle doit devenir finit par lui faire perdre ce qui la rend vivante.
Elle accepte l’intention, mais conserve toujours sa liberté. Et c’’est probablement pour cela que nous nous entendons si bien.
Créer entre intention et imprévisible
Je commence chaque œuvre avec une direction : une émotion, une atmosphère, une question, un souvenir, une mélodie, parfois simplement une sensation.
Puis vient le moment où il faut laisser la matière répondre.
Une couleur en entraîne une autre. Un mouvement inattendu apparaît. Une forme se transforme. Certaines parties disparaissent sous de nouvelles couches tandis que d’autres émergent sans avoir été prévues.
C’est dans cet espace entre intention et imprévisibilité que j’aime créer.
Lorsque je peins, je ressens une forme de liberté et d’immensité que mes mots sont incapable d’atteindre. La toile permet d’exprimer non seulement une idée ou une émotion, mais tout ce qui existe autour d’elle : ses nuances, ses contradictions, ses profondeurs.
Elle raconte ce qui vient avant et après les mots ou ce qui se cache derrière eux.
Chaque œuvre chez de The Colors of Soul naît de ce processus.